Posté le 16.06.2008 par monptitcoinamoi

Casquettes bleues vissées jusqu’au front, les livreurs bleu blanc rouge garent leurs mobs sur le pavé, une tous les quatre carreaux, bien alignées. « Je ne dois en voir qu’une seule » gueule Rochdi. Rochdi travaille chez ****** Pizza depuis sept ans. Simple livreur pour commencer, il a gravi doucement les échelons : manager, super manager jusqu’à franchisé. En France, il est le seul à avoir obtenu la franchise. Il a dû pour cela contracter un crédit et verser une somme de 1,2 milliards de francs. Maintenant, il rembourse et ne touche que 8 000 F par mois. Le prix du rêve…
Quand il est entré dans le rêve, il y a sept ans, Rochdi a aussi eu droit au film de propagande montrant le super héros, fondateur de la société, parti de rien trente-cinq ans plus tôt et qui a eu l’idée d’apporter les pizzas chaudes jusque sur les paliers des gens. Deux milliards et deux cents millions de dollars plus tard, il explique dans un mauvais doublage à la « Dynastie » que sa société est une grande famille et que ses petits gars n’ont plus de souci à se faire, ils iront loin…
Pour le moment, pour combler le vide que font 2 000 F par mois, on fait la course. Pour un quart de salaire en plus, on sourit, on est joli et affable. Mais attention, pas le droit de porter la barbe, ni les boucles d’oreille. C’est pas réglementaire et ça enlève des points au manager lors des contrôles inopinés et non inopinés. Mais on a une minute pour proposer du coca, des glaces ou du vin, et si on s’y prend bien, le client prendra même les trois. Séverine montre à Carole comment il faut s’y prendre au téléphone : « Séverine pour vous servir, bonjour ! », mais Carole a l’air dubitative. Pas vraiment glamour Carole, réussira-t-elle à faire fantasmer les gens derrière leur téléphone pour qu’ils mangent toujours plus de pizzas de chez ****** ?
Trois minutes pour fabriquer une pizza de chez ****** : rouler la boule dans la farine, la faire tourner sous des poings experts, 1,2 et 3, étaler la sauce. Six minutes pour la faire cuire, quelque vingt minutes pour sonner à la porte, donner une caresse au chien, un pince-joue au bambin, un clin d’œil à la jeune fille et le pourboire est dans la poche. Trois cents francs par mois si comme Fouad vous êtes expert et que vous « impressionnez » le client. N’empêche que, tout à l’heure, Fouad avait les foies. « Il faut pas que j’m’énerve. Si je m’énerve, je vais pas la trouver. » Une poignée de minutes avant le délai de livraison imparti et l’adresse introuvable. Le numéro 15 était caché derrière le numéro 11.
Comme son patron Rochdi, Mourad veut croire au rêve. En attendant d’être franchisé, il participe au concours de rapidité annuel et national. Tout va bien, Rochdi l’a entraîné. « Tu n’écouteras que moi. Tu n’écouteras ni le juge, ni le public. » Dans une ambiance de tempête, avec chant à la gloire des pizzaioli de ****** façon Internationale poing levé à l’appui, Mourad se démène mais il ne sera que quatrième. Adieu voyage aux USA, hôtels de luxe, limousines, veaux, vaches, cochonnes. Mais il en veut et a déjà bien appris sa leçon : « La politique est de gagner à tout prix et d’être le meilleur. » C’est grâce à ce gentil refrain que Monsieur ****** a ouvert 5 550 magasins dans le monde et qu’il est le prince de la pizza en France derrière le roi Hut. La sauce tomate promet de couler.
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Posté le 11.06.2008 par monptitcoinamoi

Anne Ribes se définit comme une infirmière-jardiniste. Elle anime depuis 1997 un potager-fleurs au sein du service de pédopsychiatrie de l’Hôpital de la Pitié-Salpétrière et s’occupe notamment d’enfants autistes.
Quels sont les bénéfices du jardinage pour un enfant ?
Jardiner avec des enfants s’apparente à une éducation philosophique sous différentes formes. Grâce aux saisons, j’arrive petit à petit à resituer les enfants que j’accompagne dans le cycle de la vie, la naissance, la mort. Cela me permet d’aborder une grande diversité de sujets. J’explique aux enfants que si je n’arrose pas la plante, elle meurt ou si j’écrase un insecte, il m’est impossible de le faire revivre. Cela leur fait prendre conscience que chaque geste compte. Je leur explique que leur geste sera important en tant que petit citoyen, cela me permet de les responsabiliser. Il est très facile de les mobiliser, de leur faire comprendre l’importance de certains enjeux.
Le jardin a donc également un rôle citoyen. Pour qu’ils soient plus facilement sensibilisés, il faut que les enfants connaissent mieux la nature. S’ils n’ont pas ressenti la sensation de l’importance d’une fleur, de la beauté d’un escargot, ils ne pouront pas les défendre. Or, malheureusement, les enfants ne sont plus aussi proches de la nature qu’auparavant. Aujourd’hui, ce qu’ils savent de la nature, ils le connaissent surtout par la télé. Nous en sommes arrivés à une aberration où les humains sont complètement déconnectés des éléments vitaux.
Je travaille avec une grande section de maternelle à Colombes avec lesquels j’envisage le jardin pour apprendre le monde. Ils ont un émerveillement époustouflant, ils se sentent bien, s’assoient au soleil. Sentir le bien-être, tout en sachant qu’on est interdépendant de ce tout génère des moments importants. Les enfants garderont toute leur vie cette sensation de bien-être. Enormément de choses passent.
Comment avez-vous conçu votre potager-fleurs de la Pitié-Salpétrière ?
J’ai insisté sur une chose : il fallait que ce soit beau. Il fallait en faire un vrai lieu clos où l’on entre, un endroit agréable, et non un passage en plein courant d’air. La disposition du jardin est importante, il doit être ensoleillé, on doit avoir de l’enthousiasme à y aller. J’y ai également installé un point de recyclage et de compost. Le processus de décomposition est très intéressant pour les enfants lorsqu’ils découvrent les insectes, le terreau, et commencent à poser des questions.
Le choix des végétaux est également important. Il faut qu’ils se mangent, qu’ils ne soient pas trop hauts pour être à la hauteur des enfants et surtout, ils doivent pousser vite, pour que cela soit gratifiant.
Il faut qu’il y ait également le plaisir des yeux avec le plaisir de goûter. Je montre aux enfants l’évolution du jardin sur une année. Il y a le fruit, et des graines que l’on va replanter. Je leur explique que le jardin nourrit, procure du bien-être.
Comment les enfants répondent-ils à ces ateliers jardinage ?
L’enfant est sensible au fait qu’un élément ait poussé. C’est une chose qu’on ne lui apprend pas. C’est par là que j’arrive à toucher des enfants en difficulté, à entrer en communication avec eux. Les enfants auront moins d’appréhension à approcher une fleur, qui est statique, qui ne répondra pas à un coup de pied, plutôt qu’un animal, trop imprévisible.
Les adultes oublient facilement, nous sommes très blasés. Mais pour les autistes, le jardinage fait entrer du fantastique dans leur vie : le soleil qui chauffe, l’eau qui arrose, qui lave. Il faut qu’ils aient envie. J’attends toujours un peu de voir à quoi ils vont réagir, ce qu’ils ont envie de faire. J’essaye de leur faire comprendre l’importance de leurs sensations, les leur faire vivre, les leur faire partager.
Quel message essayez-vous de faire passer ?
Il y a beaucoup de travail à faire dans l’éducation scolaire, il faut former les professeur au jardinage.
Mais je me bats surtout pour que les jardins soient des lieux de vie. Chaque personne devrait vivre avec un jardin. Le jardin ne doit pas être envisagé comme une récompense, il ne se monnaye pas, il est essentiel au développement des enfants. On ne peut pas priver un enfant de l’activité jardin parce qu’il n’a pas été sage.
Toucher la terre : jardiner avec ceux qui souffrent, Anne Ribes, Médicis, 2005.
Mars 2008
Posté le 19.05.2008 par monptitcoinamoi
Photo Wikipedia
C'est parce qu'un pilote touché par les Allemands s'était éjecté sous ses yeux, que le petit Iouri a décidé de devenir pilote. Il avait 7 ans.
Le 12 avril 1961, l'annonce du lancement de Iouri Gagarine dans l'espace a provoqué un sentiment d'orgueil et un enthousiasme exceptionnel dans toute l'Union soviétique.
Le charme naturel que dégage par le jeune homme, âgé de 27 ans, va engendrer un véritable phénomène d'adoration de Kiev à Vladivostok. Pour le plus grand bonheur du Kremlin, Gagarine réduit à néant le stéréotype du Russe mal dégrossi véhiculée par l'Occident. A l'étranger, les stars se bousculent pour lui serrer la main. On se souvient de Gina Lolobrigida traversant une salle bondée pour aller déposer un baiser sur la joue du cosmonaute.
Mais Gagarine a du mal à gérer cet excès de popularité, d'autant plus qu'il a été relégué au rang de doublure. Il commence à boire. Sept ans plus tard, il meurt dans un mystérieux accident d'avion.
Cette journée du 12 avril est l'occasion pour les Russes de fêter un événement qui leur avait permis de prendre les Etats-Unis de vitesse. Néanmoins, le quotidien Vremia ne manque pas de rappeler que l'Union soviétique a conquis l'espace en "privant ses citoyens d'une existence digne".
Avril 2001
Posté le 14.05.2008 par monptitcoinamoi
Un murmure s’élève sous le lustre de la salle de procès. Les lèvres de Driss E... remuent : il prie depuis plus d’une heure, le regard perdu dans le vide. Il attend son verdict.
Monsieur E... est accusé d’avoir séjourné en France malgré l’interdiction de territoire qui le frappait depuis 1998 et d’avoir “détenu, cédé, offert, acquis et employé de l’héroïne.” La Présidente du jury s’interrompt pour laisser le temps au traducteur de répéter la phrase en arabe. 10e Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, scène ordinaire de la justice dans l’exercice de ses fonctions.
Né à Fès en 1961, Monsieur E... semble ne pas comprendre ce qui lui arrive. “Le 3 janvier 2001, vous avez été observé en train de vendre de la drogue. Lors de la perquisition à votre domicile, on a trouvé 753 g d’héroïne, des sachets pour la répartir en petites doses et 86 000 F dans le frigo.” La voix de la Présidente résonne, énonce les faits avec une agressivité parfaitement professionnelle, comme pour souligner une aversion convenue. L’air excédé, elle semble réciter une fatigante tirade sut par coeur. Le prévenu quant à lui ne se départit pas d’un air implorant de chien battu.
Sur son banc, l’avocate de Monsieur E...attend nerveusement son tour. Son client semble indéfendable. Il s’entête à nier avoir vendu de la drogue. Sa seule défense est de charger un certain Mamadou, dont on ne sait rien hormis le prénom, qui aurait utilisé le logement du prévenu comme dépôt. Elle subit le long exposé des événements qui s’enchaînent à une allure frénétique : la maîtresse qui le logeait et qui a renfloué son restaurant avec on ne sait quel argent, une femme au Maroc avec 6 enfants et une femme en France épousée pour obtenir une carte de résident, la fuite avec l’argent et les bijoux, une autre femme enceinte, les 3 500 F retrouvés sur lui lors de l’arrestation dont il ne peut expliquer la provenance autrement que par la vente de pain à l’occasion du Ramadan... “Votre femme affirme que vous avez brisé sa vie, que vous avez donné de la drogue à son fils, que vous faites semblant de ne pas comprendre le français pour attendrir votre entourage, que vous faites partie d’un réseau structuré.”
Lorsque l’avocate prend la parole, sa voix est chevrotante, ses phrases sont bancales, elle semble parfois perdre le fil de ce qu’elle voulait dire. Elle mime l’inextricabilité de la situation en tendant ses mains ouvertes vers la Présidente. “Que voulez-vous qu’il fasse, seul, sans ressources.” Pour la défense de son client, elle invoque un frère à Lyon qui ne lui a apporté aucune aide, qui l’a même dénoncé. Elle passe rapidement sur la femme et les 6 enfants à qui le prévenu ne manque jamais d’envoyer de l’argent et n’insiste pas sur les conditions de vie misérables au Maroc qui l’ont poussé à émigrer. Elle s’émeut sur le fait que son client ne comprend pas le français, sans pour autant lui reconnaître clairement un statut de victime, comme si elle hésitait. Enfin, elle avoue son impuissance en interpelant la Présidente par un “Votre tribunal...” vindicatif. Le plaidoyer ne parvient pas à émouvoir la cour qui reste de marbre, quand elle n’a pas carrément l’air de s’ennuyer.
“Madame la Présidente, ces explications sont les explications d’un trafiquant classique.” Plus que la Présidente encore, le Procureur gronde. Debout sur son estrade, il domine et jette un regard sévère sur le prévenu en le désignant du doigt. “Vous aviez en votre possession 753 g d’héroïne, un produit qui tue, un produit de mort. Quand on se scandalise de la vente de drogue comme vous l’avez fait, on peut se scandaliser d’apporter de l’aide à un trafiquant.” Le Procureur rappelle que le gramme d’héroïne vaut entre 600 et 1 000 F, et que les 753 g n’ont sûrement pas été confiés à Monsieur E... par pur hasard. Il démonte les arguments du prévenu sans manquer d’en railler les incohérences chaque fois qu’il le peut : “Car il est bien évident que les 3 500 F viennent de la vente de baguettes”, ironise-t-il.
Après une longue attente, l’énoncé du verdict se fait au pas de charge. Monsieur E... est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés : déjà détenu depuis 4 mois, il sera maintenu en prison pour une durée de 4 ans, assortie d’une interdiction définitive du territoire français. Indifférente au sort de son client, l’avocate n’est pas revenue écouter le verdict. “A-t-il compris ?”, s’inquiète la Présidente. Le traducteur acquiesce. Les menottes sont passées au coupable sans état d’âme. Pas le temps de s’émouvoir, la Présidente passe au verdict suivant.
2001
Posté le 23.04.2008 par monptitcoinamoi
France 2 a diffusé le 1er avril 2001, dans le cadre des “Documents du dimanche”, un reportage intitulé “Un amour en dépit du bon sens - La belle et le braqueur”. Ce film relate l’histoire de Patrick Brice, le “gentleman-braqueur” et de sa femme Laurence. Des tentatives de le faire évader, qui ont valu à Laurence quelques années de prison , jusqu’à la libération en passant par l’entrevue avec la Garde des Sceaux, le spectateur suit avec émotion la réhabilitation de ce couple hors-normes déterminé à vivre son bonheur.
Posté le 15.04.2008 par monptitcoinamoi

Entre tradition et modernité, la Finlande ne choisit pas. Le sauna, pratique d'hygiène et de santé qui remonte à la nuit des temps, a perduré jusqu'au 3ème millénaire pour faire partie du quotidien des Finlandais d'aujourd'hui.
La Finlande compte en moyenne un sauna pour trois habitants. Réputé pour apaiser et détendre le corps, le sauna procure du bien-être, il purifie également l'esprit. Il a longtemps rythmé l'existence des Finlandais, de la naissance à la toilette mortuaire. C'est ainsi que jusqu'à la moitié du siècle dernier, les femmes accouchaient encore dans ces lieux chargés de vapeur, à l'abri du froid et des miasmes. Humide et chaud, le sauna symbolise la propreté, la convivialité et le bien-être maternel. Le principe en est simple : on sue grâce à la vapeur obtenue en jetant de l'eau froide sur des pierres chauffées au poêle.
A l'origine, le sauna est une cabane en bois où s'étagent des gradins, sachant que plus on monte et plus on a chaud. Les saunas publics jouaient un rôle social important. Les hommes étaient séparés des femmes, mais des familles entières étaient accueillies sur réservation spéciale. Des masseurs étaient même à la disposition des clients. Aujourd'hui, cette proximité est un peu tombée en désuétude. Dans les années 90, Helsinki ne comptait déjà plus que deux établissements publics contre près de 150 un demi-siècle auparavant. Cependant, la tradition a persisté grâce à l'apparition du poêle électrique individuel qui permet aux Finlandais d'avoir leur sauna à domicile.
La bienséance et la tradition sont respectées avec déférence dans l'enceinte du sauna. Pas un Finlandais qui n'élève la voix, pas de ragots qui circulent, les pets, les rots ne sont pas tolérés. La séance doit se dérouler dans un quasi-recueillement ; elle peut commencer par une douche pour éliminer les impuretés superficielles ou directement la peau sèche. La température peut monter jusqu'à 100°C. Pour stimuler sa circulation sanguine, on se fouette avec des branches de bouleau. Cette auto-flagellation n'intervient qu'au summum de la sudation, lorsque la peau est bien moite. Se rafraîchir après avoir bien sué et décrassé les pores de sa peau est une transition agréable sinon indispensable. Elle participe autant du rituel que du bien-être. Pour se faire, on peut piquer une tête dans une piscine d'eau fraîche, ou dans un lac glacé si on est en pleine nature. Les plus courageux iront se rouler dans la neige. D'ailleurs, c'est tellement divin, qu'on n'en oublie que c'est froid. L'opération peut être répétée autant de fois qu'on veut (douche, franche suée, galipettes dans la poudreuse…) jusqu'à épuisement, le tout est de connaître ses limites et ne pas tomber dans l'excès. Léger de corps et d'esprit, propre comme un sou neuf, la convivialité suggère une collation légère et des boissons fraîches pour achever de se mettre en forme.
Plus qu'une curiosité, c'est une véritable cure de jouvence que nous offre la Finlande. Une pause ancestrale dans le tourbillon de la vie moderne.
Novembre 2001
Posté le 04.04.2008 par monptitcoinamoi
L’assemblée générale des Nations unies s'est réunie à New-York du 6 au 8 juin 2001 pour débattre des problèmes de l’urbanisation croissante qui englobe déjà la moitié de la population mondiale. Le droit à un logement décent, le droit des femmes à posséder et hériter de leur logement et l’aide des pays riches aux pays en développement constitueront l’essentiel des débats. Un milliard de personnes vivent dans des taudis ou occupent illégalement leur logement, favorisant l’accroissement de la violence, de l’exclusion, de la misère et du chomâge.
Posté le 01.04.2008 par monptitcoinamoi
Photos Libres
La radio Ambroise Paré émet depuis trois ans dans l'enceinte de l'hôpital à Boulogne. Accessible sur le canal 11 de la télévision, elle permet aux patients abonnés de mieux vivre leur convalescence.
A la suite d'un accident de la route qui l'avait immobilisée quelques temps à l'hôpital Ambroise Paré, Sandrine Passitot, journaliste à France Bleue, a eu l'idée d'une radio interne. Forte de l'aide financière et surtout matérielle du groupe Europe Communication, la radio a vu le jour le 30 juin 1999, date de diffusion de sa première émission. Elle n'a cependant été officiellement inaugurée que le 29 février 2000.
Pour recevoir les émissions de la radio Ambroise Paré, il suffit aux patients de s'abonner à la télévision et de se brancher sur le canal 11. Il permet d'écouter tout en regardant défiler des images d'évasion, de rêve ou de lire les programmes de la radio, grâce au logiciel Power Point. La grille des programmes est relativement variée compte tenu du fait que techniciens et animateurs sont bénévoles. Emissions musicales, émissions pour les enfants…, la vie dans l'enceinte de l'hôpital en est en tout cas le fil conducteur. Il s'agit de faire participer, par téléphone ou directement depuis le studio qui se trouve sur place, les patients et le personnel soignant.
Aujourd'hui, la radio Ambroise Paré bénéficie d'un petit budget annuel sur celui de l'hôpital. A court terme, comme l'explique Julien Cottereau, coordinateur, « nous avons le projet d’installer une caméra qui nous permettra une plus grande interactivité, sans pour autant faire de la télé ». A plus long terme, pourquoi ne pas organiser une coordination avec d’autres radios d’hôpital parisiens ? Il en existe déjà dans des établissements comme l’hôpital Trousseau. « Ce serait un projet ambitieux mais excitant », confesse Julien Cottereau.
2001
Posté le 26.03.2008 par monptitcoinamoi
La fondation de l’Hermitage à Lausanne a accueilli en août 2001 la très riche collection de tableaux du XXème du Suisse Jean Planque. 150 des 200 tableaux de cette collection privée ont été présentés pour la première fois. Elle regroupe notamment des oeuvres de Cézanne, Picasso, Degas, Bonnard, Van Gogh, Dubuffet, Léger et autres... Passionné de peinture dès l’âge de 20 ans, ce modeste employé de commerce commence sa collection en 1945, pour devenir en1954 le conseiller du marchand de tableaux bâlois Ernst Beyerler.
Posté le 23.03.2008 par monptitcoinamoi
photo Wikipedia
La deuxième édition des Grands rendez-vous de la science et de l’histoire au Palais de la Découverte s’est penchée sur le XIXe siècle, une période faste de l’histoire scientifique.
C’est l’époque où l’Europe s’industrialise et se capitalise, où les savants remettent en cause le monde scientifique au risque de choquer : on formule de nouvelles hypothèses, tant en chimie qu’en géométrie, de nouvelles sciences voient le jour. Une série de rencontres intitulée “Nouveautés et Innovations” s’est déroulée le jeudi 22 mars 2001, sous la présidence de Jacques Bouchard, directeur de l’énergie nucléaire au CEA (Commissariat à l’Energie Atomique).
Bien que l’histoire des sciences ait une logique interne, de nombreux facteurs externes, techniques et sociologiques, sont à prendre en considération. Michel Morange, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, retrace la formidable aventure de la naissance de la génétique depuis les premières hypothèses jusqu’à l’allocution de Mendel, obscur moine de l’ordre des Augustins, devant la Société de Sciences-Naturelles à Brno, en Moravie. La Moravie est pourtant une région agricole et industrielle à la pointe de la technique de sélection et d’hybridation des plantes et des animaux. En étudiant des croisements, Mendel démontre que les caractères génétiques se transmettent de manière individuelle, et que les phénomènes de ressemblance ne sont pas si simples. Les caractères génétiques récessifs peuvent résister à la transmission des caractères dominants en réapparaissant à la deuxième génération. Par ailleurs les gènes ne transmettent que la propension à une qualité ou à une maladie, et non la qualité ou la maladie elle-même. Les conclusions de Mendel choquent avant de sombrer dans l’indifférence. Il faudra attendre 1900 pour redécouvrir ses principes fondamentaux.
En reniant le dogme d’Euclide en vigueur depuis l’Antiquité, la géométrie non-euclidienne met à l’index l’hégémonie d’un seul savoir et l’immobilisme des autorités scientifiques. C’est ce que nous rappelle Jean-Pierre Bourguignon, directeur de l’Institut des Hautes Etudes scientifiques, en évoquant l’invention de la géométrie sphérique par l’Allemand Gauss, “le prince des mathématiciens”, le Hongrois Wolfgang Bolyai et son fils Janos. Ils dénoncent l’irréversibilité du postulat d’Euclide qui affirme qu’une seule parallèle à la droite D passe par un point P et démontrent que la géométrie euclidienne, bien qu’étant la plus commode pour représenter le monde sensible, n’est pas unique mais qu’elles sont une infinité à coexister.
A la fin du siècle, les travaux de Pierre et Marie Curie révolutionnent la physique. Les physiciens se font alchimistes explique Pierre Radvanyi, directeur de recherche au CNRS en découvrant la radioactivité. Il s’agit de la transformation d’un élément thermique par l’émission d’un rayonnement. En 1896, Becquerel découvre que les sels d’uranium émettent un rayonnement inépuisable, invisible et pénétrant. Plus tard, Marie Curie cherche à savoir si cette propriété est propre à l’uranium ou à quelques éléments qui le composent. En étudiant la pêcheblind, elle isole un élément plus actif que l’uranium, le thorium. En cherchant des éléments, qu’ils ne peuvent ni voir ni peser, guidés par leur seul rayonnement, Pierre et Marie Curie découvrent le polonium, puis le radium. Les premières applications médicales de la radioactivité se feront en 1901 à l’hôpital Saint-Louis.
Il est communément admis que la physique quantique est née le 14 décembre 1900, lorsque le physicien allemand Max Planck a énoncé, devant l’académie des Sciences de Berlin, les propriétés du rayonnement émis par les corps chauffés, à partir des propriétés de la matière. Cependant, Etienne Klein, directeur de recherche au CEA, remet les pendules à l’heure en dénonçant les raccourcis empruntés par les historiens. Si la découverte des quantas, émissions d’énergie discontinue, par Max Planck a permis à Einstein de bâtir sa théorie de la relativité restreinte, c’est bien à Einstein que le monde scientifique est redevable de la naissance de la physique quantique. C’est en effet Einstein qui a vérifié les théories auxquelles Planck ne croyait que du bout des lèvres.
Mars 2001
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