Grands rendez-vous dela science et de l'histoire
Posté le 23.03.2008 par monptitcoinamoi
photo Wikipedia
La deuxième édition des Grands rendez-vous de la science et de l’histoire au Palais de la Découverte s’est penchée sur le XIXe siècle, une période faste de l’histoire scientifique.
C’est l’époque où l’Europe s’industrialise et se capitalise, où les savants remettent en cause le monde scientifique au risque de choquer : on formule de nouvelles hypothèses, tant en chimie qu’en géométrie, de nouvelles sciences voient le jour. Une série de rencontres intitulée “Nouveautés et Innovations” s’est déroulée le jeudi 22 mars 2001, sous la présidence de Jacques Bouchard, directeur de l’énergie nucléaire au CEA (Commissariat à l’Energie Atomique).
Bien que l’histoire des sciences ait une logique interne, de nombreux facteurs externes, techniques et sociologiques, sont à prendre en considération. Michel Morange, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, retrace la formidable aventure de la naissance de la génétique depuis les premières hypothèses jusqu’à l’allocution de Mendel, obscur moine de l’ordre des Augustins, devant la Société de Sciences-Naturelles à Brno, en Moravie. La Moravie est pourtant une région agricole et industrielle à la pointe de la technique de sélection et d’hybridation des plantes et des animaux. En étudiant des croisements, Mendel démontre que les caractères génétiques se transmettent de manière individuelle, et que les phénomènes de ressemblance ne sont pas si simples. Les caractères génétiques récessifs peuvent résister à la transmission des caractères dominants en réapparaissant à la deuxième génération. Par ailleurs les gènes ne transmettent que la propension à une qualité ou à une maladie, et non la qualité ou la maladie elle-même. Les conclusions de Mendel choquent avant de sombrer dans l’indifférence. Il faudra attendre 1900 pour redécouvrir ses principes fondamentaux.
En reniant le dogme d’Euclide en vigueur depuis l’Antiquité, la géométrie non-euclidienne met à l’index l’hégémonie d’un seul savoir et l’immobilisme des autorités scientifiques. C’est ce que nous rappelle Jean-Pierre Bourguignon, directeur de l’Institut des Hautes Etudes scientifiques, en évoquant l’invention de la géométrie sphérique par l’Allemand Gauss, “le prince des mathématiciens”, le Hongrois Wolfgang Bolyai et son fils Janos. Ils dénoncent l’irréversibilité du postulat d’Euclide qui affirme qu’une seule parallèle à la droite D passe par un point P et démontrent que la géométrie euclidienne, bien qu’étant la plus commode pour représenter le monde sensible, n’est pas unique mais qu’elles sont une infinité à coexister.
A la fin du siècle, les travaux de Pierre et Marie Curie révolutionnent la physique. Les physiciens se font alchimistes explique Pierre Radvanyi, directeur de recherche au CNRS en découvrant la radioactivité. Il s’agit de la transformation d’un élément thermique par l’émission d’un rayonnement. En 1896, Becquerel découvre que les sels d’uranium émettent un rayonnement inépuisable, invisible et pénétrant. Plus tard, Marie Curie cherche à savoir si cette propriété est propre à l’uranium ou à quelques éléments qui le composent. En étudiant la pêcheblind, elle isole un élément plus actif que l’uranium, le thorium. En cherchant des éléments, qu’ils ne peuvent ni voir ni peser, guidés par leur seul rayonnement, Pierre et Marie Curie découvrent le polonium, puis le radium. Les premières applications médicales de la radioactivité se feront en 1901 à l’hôpital Saint-Louis.
Il est communément admis que la physique quantique est née le 14 décembre 1900, lorsque le physicien allemand Max Planck a énoncé, devant l’académie des Sciences de Berlin, les propriétés du rayonnement émis par les corps chauffés, à partir des propriétés de la matière. Cependant, Etienne Klein, directeur de recherche au CEA, remet les pendules à l’heure en dénonçant les raccourcis empruntés par les historiens. Si la découverte des quantas, émissions d’énergie discontinue, par Max Planck a permis à Einstein de bâtir sa théorie de la relativité restreinte, c’est bien à Einstein que le monde scientifique est redevable de la naissance de la physique quantique. C’est en effet Einstein qui a vérifié les théories auxquelles Planck ne croyait que du bout des lèvres.
Mars 2001
--
:: Poster un commentaire
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus