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monptitcoinamoi
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Actualité brûlante, infos rigolotes et croustillantes, reportages cocasses, interviews inédites.
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Date de création :
17.07.2007
Dernière mise à jour :
16.06.2008
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Vie quotidienne

Le chant du pizzaïolo

Posté le 16.06.2008 par monptitcoinamoi
Casquettes bleues vissées jusqu’au front, les livreurs bleu blanc rouge garent leurs mobs sur le pavé, une tous les quatre carreaux, bien alignées. « Je ne dois en voir qu’une seule » gueule Rochdi. Rochdi travaille chez ****** Pizza depuis sept ans. Simple livreur pour commencer, il a gravi doucement les échelons : manager, super manager jusqu’à franchisé. En France, il est le seul à avoir obtenu la franchise. Il a dû pour cela contracter un crédit et verser une somme de 1,2 milliards de francs. Maintenant, il rembourse et ne touche que 8 000 F par mois. Le prix du rêve…

Quand il est entré dans le rêve, il y a sept ans, Rochdi a aussi eu droit au film de propagande montrant le super héros, fondateur de la société, parti de rien trente-cinq ans plus tôt et qui a eu l’idée d’apporter les pizzas chaudes jusque sur les paliers des gens. Deux milliards et deux cents millions de dollars plus tard, il explique dans un mauvais doublage à la « Dynastie » que sa société est une grande famille et que ses petits gars n’ont plus de souci à se faire, ils iront loin…

Pour le moment, pour combler le vide que font 2 000 F par mois, on fait la course. Pour un quart de salaire en plus, on sourit, on est joli et affable. Mais attention, pas le droit de porter la barbe, ni les boucles d’oreille. C’est pas réglementaire et ça enlève des points au manager lors des contrôles inopinés et non inopinés. Mais on a une minute pour proposer du coca, des glaces ou du vin, et si on s’y prend bien, le client prendra même les trois. Séverine montre à Carole comment il faut s’y prendre au téléphone : « Séverine pour vous servir, bonjour ! », mais Carole a l’air dubitative. Pas vraiment glamour Carole, réussira-t-elle à faire fantasmer les gens derrière leur téléphone pour qu’ils mangent toujours plus de pizzas de chez ****** ?

Trois minutes pour fabriquer une pizza de chez ****** : rouler la boule dans la farine, la faire tourner sous des poings experts, 1,2 et 3, étaler la sauce. Six minutes pour la faire cuire, quelque vingt minutes pour sonner à la porte, donner une caresse au chien, un pince-joue au bambin, un clin d’œil à la jeune fille et le pourboire est dans la poche. Trois cents francs par mois si comme Fouad vous êtes expert et que vous « impressionnez » le client. N’empêche que, tout à l’heure, Fouad avait les foies. « Il faut pas que j’m’énerve. Si je m’énerve, je vais pas la trouver. » Une poignée de minutes avant le délai de livraison imparti et l’adresse introuvable. Le numéro 15 était caché derrière le numéro 11.

Comme son patron Rochdi, Mourad veut croire au rêve. En attendant d’être franchisé, il participe au concours de rapidité annuel et national. Tout va bien, Rochdi l’a entraîné. « Tu n’écouteras que moi. Tu n’écouteras ni le juge, ni le public. » Dans une ambiance de tempête, avec chant à la gloire des pizzaioli de ****** façon Internationale poing levé à l’appui, Mourad se démène mais il ne sera que quatrième. Adieu voyage aux USA, hôtels de luxe, limousines, veaux, vaches, cochonnes. Mais il en veut et a déjà bien appris sa leçon : « La politique est de gagner à tout prix et d’être le meilleur. » C’est grâce à ce gentil refrain que Monsieur ****** a ouvert 5 550 magasins dans le monde et qu’il est le prince de la pizza en France derrière le roi Hut. La sauce tomate promet de couler.



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Carnet de tribunal

Posté le 14.05.2008 par monptitcoinamoi
Un murmure s’élève sous le lustre de la salle de procès. Les lèvres de Driss E... remuent : il prie depuis plus d’une heure, le regard perdu dans le vide. Il attend son verdict.

Monsieur E... est accusé d’avoir séjourné en France malgré l’interdiction de territoire qui le frappait depuis 1998 et d’avoir “détenu, cédé, offert, acquis et employé de l’héroïne.” La Présidente du jury s’interrompt pour laisser le temps au traducteur de répéter la phrase en arabe. 10e Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, scène ordinaire de la justice dans l’exercice de ses fonctions.

Né à Fès en 1961, Monsieur E... semble ne pas comprendre ce qui lui arrive. “Le 3 janvier 2001, vous avez été observé en train de vendre de la drogue. Lors de la perquisition à votre domicile, on a trouvé 753 g d’héroïne, des sachets pour la répartir en petites doses et 86 000 F dans le frigo.” La voix de la Présidente résonne, énonce les faits avec une agressivité parfaitement professionnelle, comme pour souligner une aversion convenue. L’air excédé, elle semble réciter une fatigante tirade sut par coeur. Le prévenu quant à lui ne se départit pas d’un air implorant de chien battu.

Sur son banc, l’avocate de Monsieur E...attend nerveusement son tour. Son client semble indéfendable. Il s’entête à nier avoir vendu de la drogue. Sa seule défense est de charger un certain Mamadou, dont on ne sait rien hormis le prénom, qui aurait utilisé le logement du prévenu comme dépôt. Elle subit le long exposé des événements qui s’enchaînent à une allure frénétique : la maîtresse qui le logeait et qui a renfloué son restaurant avec on ne sait quel argent, une femme au Maroc avec 6 enfants et une femme en France épousée pour obtenir une carte de résident, la fuite avec l’argent et les bijoux, une autre femme enceinte, les 3 500 F retrouvés sur lui lors de l’arrestation dont il ne peut expliquer la provenance autrement que par la vente de pain à l’occasion du Ramadan... “Votre femme affirme que vous avez brisé sa vie, que vous avez donné de la drogue à son fils, que vous faites semblant de ne pas comprendre le français pour attendrir votre entourage, que vous faites partie d’un réseau structuré.”

Lorsque l’avocate prend la parole, sa voix est chevrotante, ses phrases sont bancales, elle semble parfois perdre le fil de ce qu’elle voulait dire. Elle mime l’inextricabilité de la situation en tendant ses mains ouvertes vers la Présidente. “Que voulez-vous qu’il fasse, seul, sans ressources.” Pour la défense de son client, elle invoque un frère à Lyon qui ne lui a apporté aucune aide, qui l’a même dénoncé. Elle passe rapidement sur la femme et les 6 enfants à qui le prévenu ne manque jamais d’envoyer de l’argent et n’insiste pas sur les conditions de vie misérables au Maroc qui l’ont poussé à émigrer. Elle s’émeut sur le fait que son client ne comprend pas le français, sans pour autant lui reconnaître clairement un statut de victime, comme si elle hésitait. Enfin, elle avoue son impuissance en interpelant la Présidente par un “Votre tribunal...” vindicatif. Le plaidoyer ne parvient pas à émouvoir la cour qui reste de marbre, quand elle n’a pas carrément l’air de s’ennuyer.

“Madame la Présidente, ces explications sont les explications d’un trafiquant classique.” Plus que la Présidente encore, le Procureur gronde. Debout sur son estrade, il domine et jette un regard sévère sur le prévenu en le désignant du doigt. “Vous aviez en votre possession 753 g d’héroïne, un produit qui tue, un produit de mort. Quand on se scandalise de la vente de drogue comme vous l’avez fait, on peut se scandaliser d’apporter de l’aide à un trafiquant.” Le Procureur rappelle que le gramme d’héroïne vaut entre 600 et 1 000 F, et que les 753 g n’ont sûrement pas été confiés à Monsieur E... par pur hasard. Il démonte les arguments du prévenu sans manquer d’en railler les incohérences chaque fois qu’il le peut : “Car il est bien évident que les 3 500 F viennent de la vente de baguettes”, ironise-t-il.

Après une longue attente, l’énoncé du verdict se fait au pas de charge. Monsieur E... est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés : déjà détenu depuis 4 mois, il sera maintenu en prison pour une durée de 4 ans, assortie d’une interdiction définitive du territoire français. Indifférente au sort de son client, l’avocate n’est pas revenue écouter le verdict. “A-t-il compris ?”, s’inquiète la Présidente. Le traducteur acquiesce. Les menottes sont passées au coupable sans état d’âme. Pas le temps de s’émouvoir, la Présidente passe au verdict suivant.


2001

Dans le bain

Posté le 15.04.2008 par monptitcoinamoi
Entre tradition et modernité, la Finlande ne choisit pas. Le sauna, pratique d'hygiène et de santé qui remonte à la nuit des temps, a perduré jusqu'au 3ème millénaire pour faire partie du quotidien des Finlandais d'aujourd'hui.

La Finlande compte en moyenne un sauna pour trois habitants. Réputé pour apaiser et détendre le corps, le sauna procure du bien-être, il purifie également l'esprit. Il a longtemps rythmé l'existence des Finlandais, de la naissance à la toilette mortuaire. C'est ainsi que jusqu'à la moitié du siècle dernier, les femmes accouchaient encore dans ces lieux chargés de vapeur, à l'abri du froid et des miasmes. Humide et chaud, le sauna symbolise la propreté, la convivialité et le bien-être maternel. Le principe en est simple : on sue grâce à la vapeur obtenue en jetant de l'eau froide sur des pierres chauffées au poêle.

A l'origine, le sauna est une cabane en bois où s'étagent des gradins, sachant que plus on monte et plus on a chaud. Les saunas publics jouaient un rôle social important. Les hommes étaient séparés des femmes, mais des familles entières étaient accueillies sur réservation spéciale. Des masseurs étaient même à la disposition des clients. Aujourd'hui, cette proximité est un peu tombée en désuétude. Dans les années 90, Helsinki ne comptait déjà plus que deux établissements publics contre près de 150 un demi-siècle auparavant. Cependant, la tradition a persisté grâce à l'apparition du poêle électrique individuel qui permet aux Finlandais d'avoir leur sauna à domicile.

La bienséance et la tradition sont respectées avec déférence dans l'enceinte du sauna. Pas un Finlandais qui n'élève la voix, pas de ragots qui circulent, les pets, les rots ne sont pas tolérés. La séance doit se dérouler dans un quasi-recueillement ; elle peut commencer par une douche pour éliminer les impuretés superficielles ou directement la peau sèche. La température peut monter jusqu'à 100°C. Pour stimuler sa circulation sanguine, on se fouette avec des branches de bouleau. Cette auto-flagellation n'intervient qu'au summum de la sudation, lorsque la peau est bien moite. Se rafraîchir après avoir bien sué et décrassé les pores de sa peau est une transition agréable sinon indispensable. Elle participe autant du rituel que du bien-être. Pour se faire, on peut piquer une tête dans une piscine d'eau fraîche, ou dans un lac glacé si on est en pleine nature. Les plus courageux iront se rouler dans la neige. D'ailleurs, c'est tellement divin, qu'on n'en oublie que c'est froid. L'opération peut être répétée autant de fois qu'on veut (douche, franche suée, galipettes dans la poudreuse…) jusqu'à épuisement, le tout est de connaître ses limites et ne pas tomber dans l'excès. Léger de corps et d'esprit, propre comme un sou neuf, la convivialité suggère une collation légère et des boissons fraîches pour achever de se mettre en forme.

Plus qu'une curiosité, c'est une véritable cure de jouvence que nous offre la Finlande. Une pause ancestrale dans le tourbillon de la vie moderne.


Novembre 2001

Ambroise Paré : un sourire à l’hôpital

Posté le 01.04.2008 par monptitcoinamoi
Photos Libres

La radio Ambroise Paré émet depuis trois ans dans l'enceinte de l'hôpital à Boulogne. Accessible sur le canal 11 de la télévision, elle permet aux patients abonnés de mieux vivre leur convalescence.

A la suite d'un accident de la route qui l'avait immobilisée quelques temps à l'hôpital Ambroise Paré, Sandrine Passitot, journaliste à France Bleue, a eu l'idée d'une radio interne. Forte de l'aide financière et surtout matérielle du groupe Europe Communication, la radio a vu le jour le 30 juin 1999, date de diffusion de sa première émission. Elle n'a cependant été officiellement inaugurée que le 29 février 2000.

Pour recevoir les émissions de la radio Ambroise Paré, il suffit aux patients de s'abonner à la télévision et de se brancher sur le canal 11. Il permet d'écouter tout en regardant défiler des images d'évasion, de rêve ou de lire les programmes de la radio, grâce au logiciel Power Point. La grille des programmes est relativement variée compte tenu du fait que techniciens et animateurs sont bénévoles. Emissions musicales, émissions pour les enfants…, la vie dans l'enceinte de l'hôpital en est en tout cas le fil conducteur. Il s'agit de faire participer, par téléphone ou directement depuis le studio qui se trouve sur place, les patients et le personnel soignant.

Aujourd'hui, la radio Ambroise Paré bénéficie d'un petit budget annuel sur celui de l'hôpital. A court terme, comme l'explique Julien Cottereau, coordinateur, « nous avons le projet d’installer une caméra qui nous permettra une plus grande interactivité, sans pour autant faire de la télé ». A plus long terme, pourquoi ne pas organiser une coordination avec d’autres radios d’hôpital parisiens ? Il en existe déjà dans des établissements comme l’hôpital Trousseau. « Ce serait un projet ambitieux mais excitant », confesse Julien Cottereau.


2001


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